Elèves à l'Ecole des beaux-arts en 1862, ils voulaient avec Pissarro "mettre le feu aux pompiers" et s'étaient proclamés les "jeunes intransigeants"). Quatre ans plus tard, dans la salle bruyante et enfumée du café Guerbois, Claude Monet, Alfred Sisley, Frédéric Bazille et Camille Pissarro rallient "la bande à Manet". Composé de peintres (Degas, Fantin-Latour, Guillemet, Bracquemond, Stevens, Constantin Guys), mais aussi des critiques "les plus avan- cés, du temps (Duret, Zola,Duranty,Astruc), cet aréopage entoure Edouard Manet depuis le scandale causé par la présentation du Déjeuner sur l'herbe en 1863. Et dont, deux ans plus tard, Olympia a assuré, en l' amplifiant, la prolongation.
Par un artifice de langage, l'on a longtemps rattaché, et 1' on rattache encore, l'art de Manet aux pratiques essentiellement visuelles de l'impressionnisme. Or, sa peinture pleine de figuration et de psychologie humaines exprime tout l'opposé du flou impressionniste dans lequel la lumière évince jusqu'à l'individualité, et la matérialité de la forme.
Peintre de la vie moderne, Manet puise ses sources dans une véritable encyclopédie de la peinture : Vélasquez, Goya, Raphaël, Titien Carrache, Mantegna, Rubens, Hals,Van Dyck Rembrandt, Corot, Chardin, Hokusai et même Murillo qu'il appréciait peu...