Né près de Berne dans une famille de musiciens, Paul Klee est initié très jeune à l'art et à la musique. Il étudie l'art à l'Académie des Beaux-Arts de Munich, puis, après un voyage en Italie, rencontre Vassili Kandinsky, Franz Marc et s'associe au Blaue Reiter.
En 1914, lors d'un voyage en Tunisie, Klee est très impressionné par la qualité de la lumière et des couleurs, et restera marqué par cette vision. Il utilise alors de nombreux types de médiums, huile, aquarelle, encre, qu'il combine souvent dans ses oeuvres.
Souvent associé à l'expressionnisme, au cubisme ou au surréalisme, l'oeuvre de Klee est en réalité difficile à classifier. On leur reconnaît généralement une certaine qualité fragile et enfantine, et une allusion à la poésie, à la musique et aux rêves. La géométrisation des sujets, la recherche de perfection dans la matière et la couleur sont sublimées par le souci de préserver l'intuition. Les oeuvres plus tardives se caractérisent par de rapides symboles hiéroglyphiques.
Après la Première Guerre mondiale, Klee enseigne, aux côtés de Kandinsky, au Bauhaus, puis, à partir de 1931 à l'Académie de Düsseldorf, avant d'être renvoyé en 1933 par le parti nazi pour son art jugé «dégénéré». L'artiste retourne alors en Suisse, et, très atteint moralement, souffre de sclérodermie et meurt à Muralto en 1940, à l'âge de 61 ans.
À l'exposition de Munich, il fait la connaissance des oeuvres de Vincent van Gogh et de Paul Cézanne. Il y expose ses premières eaux-fortes. Pendant l'hiver 1911, il se rapproche du groupe des peintres du Der Blaue Reiter (Le Cavalier bleu), il y retrouve Kandinsky et se lie d'amitié avec Franz Marc, August Macke et Alexej von Jawlensky. Il participe à plusieurs expositions de ce groupe.
En avril 1912, il rencontre Robert Delaunay, dans son atelier parisien et découvre les oeuvres de Henri Rousseau, Picasso et Georges Braque. Il achève des illustrations pour le « Candide » de Voltaire.Il continue à s'investir dans la pensée et la pratique musicales (chant, violon). Ses écrits couvrent de multiples domaines : introspection et poésie jusqu'à la Première Guerre mondiale ; théorie et didactique durant les années du Bauhaus.
Après un bref voyage en 1914 en Tunisie, il déclara "La peinture et moi ne faisons plus qu'un". C'est à ce moment-là qu'il décide de devenir peintre.Il se définit comme un « peintre-poète ».Son catalogue compte plus de neuf mille titres. Sa réflexion sur l'art évoque, par son ampleur, celle de Léonard de Vinci.
Ainsi, Paul Klee reste l'une des personnalités déterminantes du XXe siècle, référence irrécusable de la pensée esthétique actuelle. Les titres de ses tableaux témoignent de cette amplitude poétique: Carillon de la lune d'argent, Doux paysages des tropiques, Paillasse en tranches, Exercice en bleu et orange, Croissance des plantes nocturnes. Toujours la réalité visible est dépassée. Sa peinture rejoint aussi la musique. Des signes et écritures marquant ainsi son goût pour l'Orient.L'écriture intervient constamment dans ses tableaux. En 1914, Klee séjourne en Tunisie avec August Macke et Louis Millier. Ce voyage témoigne de recherches identiques à celles de Robert Delaunay. La démarche décorative, longtemps limitée aux expressions mineures dans la culture occidentale, se confond dans le monde islamique avec l'art tout entier. C'est bien cette harmonie que recherche la peinture de Klee, de Macke et de Delaunay. Le « motif » disparaît au profit d'une perception synthétique, ici plus abstraite encore.
Préparant la structure en carrés de son %u0153uvre future, Klee « s'attaque », selon ses propres termes, « à la synthèse architecture urbaine-architecture du tableau ». À Kairouan, il note dans son Journal : « La couleur me possède [%u2026] Je suis peintre. » (Journal 9 260) [1]. Voilà que s'élabore ce que pressentait Macke dans l'Almanach du Blaue Reiter (1911) : la fusion de l'Europe et de l'Orient, dans ce « troisième style » qui caractérise en effet bien des %u0153uvres de la modernité. Natif de Constantine, cette ville qu'il dit « vieille comme Jugurtha, construite avec des rochers, des ravins, des nids d'aigle et des cactus ».L'orientalisme semble ainsi, plus qu'une fantaisie, une véritable « obsession », selon le mot de l'historien d'art J. Sweetman. Elle est entretenue par le voyage au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord, vite devenu parcours initiatique, à l'image du séjour romain pour les générations précédentes. Klee a en effet effectué en 1929 un séjour en Égypte qui marque certaines de ses toiles comme Route principale et routes secondaires.
Durant la Première Guerre mondiale, il est engagé en 1916 le jour même du décès de son ami Franz Marc. Grâce à l'influence de son père, il restera loin du front, ce qui lui permit de poursuivre son oeuvre. Démobilisé en 1919, il retourne à Munich. Mais entre-temps, il a acquis la célébrité. Trois petites monographies paraissent sur lui.
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